Le risque systémique est difficilement assurable sans l’aide de l’état.

Par conseil assurance

Le risque systémique désigne un phénomène où un incident isolé déstabilise l’ensemble du système financier national, provoquant effets en chaîne et perte de confiance généralisée. Les réactions collectives sont souvent des réponses rationnelles des agents économiques face à un risque perçu plutôt qu’une panique irrationnelle systématique.

La fragilité se manifeste lors des retraits massifs, du blocage du crédit interbancaire et de la chute rapide des actifs bancaires. Face à ces risques, l’intervention publique devient souvent la clé pour préserver la stabilité financière et la sécurité économique, ce qui mène aux constats que l’on trouve ci-après.

A retenir :

  • Protection des dépôts par mécanismes publics et fonds de garantie
  • Stabilité financière par banques centrales et politiques de liquidité
  • Prévention prudentielle via exigences de fonds propres et supervision
  • Solidarité publique et mécanismes européens de soutien aux États et banques

Partant de ces constats, le risque systémique fragilise durablement le système financier

Ce premier angle montre comment les interconnexions propagent les chocs entre acteurs

Les banques et marchés sont liés par des expositions croisées qui amplifient les secousses et rapides pertes de confiance. Selon IHEMI, ces canaux expliquent les ruptures brutales observées lors des crises récentes et la contagion vers l’économie réelle.

Canal Exemple Effet Mesure publique
Retraits bancaires Panique des déposants Tension de liquidité Garantie des dépôts
Interbancaire Blocage du crédit interbancaire Gel du crédit Prêteur en dernier ressort
Marchés de capitaux Chute des actions Perte de confiance Interventions ciblées
Assurance et réassurance Exposition corrélée aux catastrophes Effets combinés Réassurance publique ou soutien

Principaux facteurs de risque : la concentration des actifs, la dépendance aux financements à court terme, l’opacité de certains produits, le risque climatique corrélé aux actifs. Ces facteurs rendent les chocs plus difficiles à isoler et plus coûteux à contenir pour le marché seul.

Principaux facteurs de risque :

  • Concentration des actifs bancaires
  • Dépendance au financement court terme
  • Opacité des produits dérivés
  • Risque climatique corrélé

« J’ai vu des retraits massifs provoquer l’effondrement d’une banque régionale lors d’une crise de confiance. »

Jean P.

Ces dynamiques expliquent pourquoi les marchés ne corrigent pas toujours les déséquilibres seuls

Lorsque les acteurs évaluent un risque élevé, leurs réactions collectives peuvent accélérer l’effondrement malgré une rationalité individuelle persistante. Selon l’OCDE, cet effet amplificateur justifie des outils publics pour casser les boucles de rétroaction négatives.

Les exemples historiques montrent que l’absence d’intervention publique transforme parfois des incidents isolés en crise économique nationale. L’analyse des canaux de contagion permet d’orienter les instruments de prévention et d’urgence.

Face à ces mécanismes, l’intervention publique apparaît indispensable pour contenir les crises financières

La prévention réglementaire réduit la probabilité d’emballement, mais reste insuffisante

Les règles prudentielles imposent des fonds propres et des normes de transparence pour limiter la prise de risque excessive et protéger les déposants. Selon l’ACPR et les dispositifs de l’Union européenne, ces normes s’accompagnent d’une supervision centralisée et d’exigences harmonisées.

La garantie des dépôts et les tests de résistance renforcent la résilience du secteur, mais des chocs systémiques majeurs peuvent dépasser ces coussins. Il faut donc combiner prévention et dispositifs de résolution ordonnée pour limiter la propagation des risques.

Mesures préventives clés :

  • Exigences de fonds propres harmonisées
  • Surveillance prudentielle centralisée
  • Tests de résistance réguliers
  • Fonds de garantie des dépôts

« Pendant ma mission de superviseur, j’ai constaté l’effet stabilisant des règles de fonds propres sur les banques sensibles. »

Sophie L.

Instrument Rôle Limite
Fonds de garantie Protection des déposants Coût pour le budget public
Prêteur en dernier ressort Apport de liquidité Risque d’aléa moral
Mécanismes européens (MRU/MES) Soutien transfrontalier Complexité politique
Résolution bancaire Organiser faillite ordonnée Besoin de fonds publics

Quand la prévention ne suffit pas, les banques centrales et gouvernements interviennent pour stabiliser le système et limiter la casse économique. Cette réalité opérationnelle montre pourquoi l’état joue souvent un rôle de dernier recours face aux menaces systémiques.

Après l’action publique, l’assurance et la solidarité privée complètent la gestion des risques systémiques

Le rôle des compagnies d’assurance consiste à absorber certains risques tout en limitant l’exposition corrélée

Les assureurs peuvent couvrir des risques concentrés, notamment climatiques et cyber, mais la corrélation élevée limite leur capacité d’intervention purement privée. Selon l’OCDE, des mécanismes de réassurance publique ou de partage des pertes deviennent parfois nécessaires pour maintenir la couverture.

Actions possibles des assureurs :

  • Réassurance partagée avec l’État
  • Limitations contractuelles des expositions corrélées
  • Instruments paramétriques pour risques climatiques
  • Soutien aux plans de continuité cyber

« En tant que courtier, j’ai participé à la mise en place d’une réassurance publique pour tempêter les pertes climatiques. »

Claire M.

Cela pose des questions d’aléa moral et de gouvernance partagée entre acteurs publics et privés

L’équilibre entre solidarité et discipline de marché demande des mécanismes clairs pour éviter les comportements opportunistes des acteurs protégés. Selon l’Union européenne, l’Union Bancaire et ses outils offrent un exemple de partage de responsabilité entre États et acteurs privés.

Les assureurs adoptent aussi des engagements volontaires et des indicateurs RSE pour mieux comparer les expositions et limiter le risque de contagion. Ces démarches favorisent la résilience collective mais exigent une coordination minutieuse avec l’état et les superviseurs.

« Il faut combiner règlement et solidarité pour limiter l’aléa moral sans affaiblir la confiance du marché. »

Marc D.

La conjugaison d’une régulation efficace, d’un rôle ciblé de l’état et d’une solidarité assurantielle renforce la capacité à absorber des chocs majeurs sans rupture durable. Ce modèle mixte apparaît aujourd’hui comme la réponse la plus cohérente face au risque systémique.

Source : IHEMI, « Lettre d’information sur les Risques et les Crises », IHEMI, septembre 2023 ; ACPR, « Décision du 28 juillet 2023 », ACPR, 2023 ; Union européenne, « Union bancaire », 2014.

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